Le 24 juillet 1534, Jacques Cartier est arrivé à la baie de Gaspé et il a planté une croix avec l'inscription «Vive le roy de France». Ce jour symbolise le commencement de l’histoire francophone du Québec. Lorsqu'il a exploré la vallée du Saint-Laurent, il a rencontré les Iroquois, de qui le nom «Canada» est dérivé du mot iroquois «kanata», signifiant «village». Choisi par le roi François I pour diriger l'expédition en Amérique du Nord, Cartier a établi les bases de la cartographie au cours de trois voyages. L’expansion française était initialement limitée pendant que l’hexagone était occupé avec les guerres de religion au XVIe siècle. Cependant, en 1609, l’explorateur Samuel de Champlain a établi la colonie de Nouvelle-France sous le règne d’Henri IV. Une grande quantité des toponymes français qui existent encore au Canada sont attribués au travail de Champlain. En comparaison aux colonies britanniques qui avaient une population de 50,000 en 1641, la Nouvelle-France manque significativement de population avec seulement 240 habitants. Les premiers habitants français étaient originaires plus fréquemment de la Normandie, de l’Île-de-France, et des provinces de l’Ouest. L’identité canadienne unique de ces habitants se distinguait de celle des Français de France par sa plus grande liberté de leur mode de vie et dans leur pratique de commerce avec des autochtones.
En 1713, le Traité d’Utrecht, marquant la fin de la guerre de succession d’Espagne, a concédé l’Acadie (la Nouvelle Écosse d'aujourd'hui) à la Grande-Bretagne. Ce développement a permis Le Grand Dérangement pendant la guerre de Sept Ans quarante ans plus tard. Cette déportation de plus de 12,000 acadiens francophones, qui a duré de 1755 à 1764, était un épisode tragique qui a changé la démographie francophone de l'Amérique du Nord. Les acadiens étaient dispersés par le gouvernement britannique autour du monde atlantique: les Treize colonies, les Caraïbes, le France, et la Grande-Bretagne. Néanmoins, plusieurs populations se sont installées en Louisiane, un territoire d’Espagne à l’époque, et ils ont créé la culture Cajun qui survit encore aujourd'hui. Le poème connu "Evangeline: A Tale of Acadie," publié par Henry Wadsworth Longfellow en 1847, illustre l’humanité du peuple acadien et leur belle civilisation agraire à travers l’histoire des jeunes amoureux séparés par la déportation.
"Evangeline: A Tale of Acadie" (1847)
À la fin de la guerre de Sept Ans, le Traité de Paris a concédé le reste de la Nouvelle-France, y compris le Québec, à la Grand-Bretagne en 1763. Par conséquent, l’anglais est devenu la langue en règle de tout le Canada. La domination de l’anglais a concentré le pouvoir économique et politique parmi les anglophones, perpétuant un statut de seconde classe pour les francophones.
La langue français au Québec a été marginalisée par la domination anglaise à travers les siècles. Cependant, le monde francophone aussi critique le français québécois pour le mauvais état de leur langue. Sur la veille de la Révolution tranquille, le livre "Les Insolences du Frère Untel" a été publié par Jean-Paul Desbiens en 1960. Cet ouvrage a estimé le français québécois comme la piètre qualité du français, et il a popularisé le terme "joual" pour décrire le français informel parlé parmi la classe ouvrière québécoise. Quoique les francophones aient réussi le progrès formidable de droits linguistiques au Canada, cette attitude contre le français québécois existe encore dans l’hexagone. Cela continue d’alimenter une insécurité linguistique parmi les Québécois. La culture du souvenir au Québec est souvent une réaction contre la critique omniprésente.
Cette culture du souvenir est évidente autour du Québec. En entrant au Québec, on remarque les trois mots sur toutes les plaques d’immatriculation québécoise: Je me souviens. Cette expression simple, la devise officielle du Québec, résume l’histoire complexe du peuple québécois. Au cœur de l'identité québécoise vit une fierté forte de leur origine francophone, résister à la domination de l’anglais au Canada. Même après la restauration de la langue française comme la langue du pouvoir au Québec, la peur de la régression reste, dépeinte par les lois linguistiques strictes aujourd'hui.
Le résultat des élections de 1960 au Québec, soutenu par la désillusion de la classe moyenne francophone, a cédé la victoire du Parti libéral du Québec contre l’Union nationale. Dirigé par Jean Lesage, le Parti libéral a exécuté un mouvement réformiste qui a utilisé le slogan «C’est le temps que ça change». C’était le début de la Révolution tranquille: une ère progressive lorsque les francophones canadiens ont gagné les droits linguistiques.
Sous la nationalisation des compagnies d'électricité privées en 1963, les employés francophones pouvaient travailler en français, permettant la francisation de l'industrie et plus d'opportunités pour les francophones. Culturellement, le nationalisme canadien-français s’est développé, résultant des groupes séparatistes.
L'inquiétude de ces attitudes extrêmes a nécessité une importante loi fédérale à la fin de la décennie: La Loi sur les langues officielles (1969). Elle a déclaré que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Canada, et que toutes les institutions fédérales doivent assurer des services en anglais et en français. Ce moment est vraiment indicatif du succès de la Révolution tranquille.
Simultanément, l'Assemblée nationale du Québec a dépassé le bilinguisme. En 1969, la Loi 63 a mandaté que les enfants recevant leur enseignement an anglais doivent acquérir «une connaissance d’usage de la langue française», et que les enfants d’immigrants doivent recevoir l’enseignement exclusivement en français. De plus, en 1974, la Loi 22 a déclaré le français comme la seule langue officielle du Québec, incluant l’administration, les services, et le travail. Finalement, dans l’élection de 1976, le Parti québécois a gagné la pluralité de l’Assemblée nationale du Québec. Peu après, la Loi 101, la Charte de la langue française, a renforcé le français comme la langue de l’État et des tribunaux au Québec.
Grâce à la Révolution tranquille, la langue française est devenue la langue du pouvoir au Québec encore après plus de deux siècles. Cependant, cette inversion linguistique a posé paradoxalement une menace aux droits linguistiques des anglophones dans la province. En outre, la reconnaissance du français comme une langue officielle pour tout le Canada donne un avantage du travail disproportionné à ceux qui parlent le français dans l'administration fédéraliste, surtout ceux qui habitent dans une province où le français est rarement parlé mais la Loi sur les langues officielles doit être maintenue.
Au sommet de la Révolution tranquille, en 1968, l’activiste Michèle Lalonde a joué le poème “Speak White” comme une protestation pendant la Révolution tranquille. Le poème inclut plusieurs références aux gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni. Par exemple, "parlez-nous de la Grande Charte/ou du monument à Lincoln/du charme gris de la Tamise/De l’eau rose de la Potomac." L’ouvrage n’est pas seulement une critique contre les régimes anglophones, plutôt, c'est une protestation contre tous les régimes tyranniques qui contrôlent la langue pour faciliter l'impérialisme, le colonialisme, et la répression. Cela est montrée par la strophe “parlez un allemand impeccable/une étoile jaune entre les dents/parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression/speak white/c’est une langue universelle.” L'œuvre de Lalonde représente comment l’acquisition des droits linguistiques pour des francophones québécoises a coïncidé avec la plus grand Mouvement des droits civiques.
Dans "Défense et illustration de la langue québécoise," Michèle Lalonde explique l’origine de la divergence linguistique du français québécois, et elle affirme que le français du Québec s’est développé organiquement: «Alors mesme qu’en France l’unité des parlers de province était loin d’estre faiste, elle vint s’opérer chez nous sans douleur ny grande sophistication, sur un mode plus instinctif que savant et dans un grand jaillissement d’images pour le plaisir de la communication orale et de la Poesie quotidienne». Tandis qu’au XVIe siècle Joachim du Bellay a caractérisé la langue française comme une langue digne qui pouvait réussir à atteindre le statut du latin et du grec, Lalonde fait le contraste que le français québécois est le produit de la paysannerie et la société colonisée. Malgré les différences entre le français de France et le français québécois, l’argument primaire de Lalonde est que le français québécois est une langue vraiment standardisée et sophistiquée.
Adoptée en 2022, l’intention de la Loi 96 est d’affirmer que le français est la seule langue officielle du Québec. La loi impose des mesures linguistiques aux entreprises au Québec, et ces mesures sont devenues plus strictes la dernière fois que la loi a été modifiée en 2025.
Premièrement, toutes les entreprises qui ont plus de 25 employés doivent établir un comité de francisation qui soit convoquée au moins chaque six mois. De plus, toute la signalisation publique doit présenter le français avec une plus grande visibilité que d’autres langues. De manière similaire, sur les produits, le français doit avoir une nette prédominance sur les autres langues. Par exemple, si le produit utilise un terme générique en anglais, l’information équivalente doit apparaître en français aussi. Tous les documents commerciaux doivent être disponibles en français, même des postes sur les réseaux sociaux et les sites internet.
Polémiquement, la non-conformité avec la loi peut résulter en des amendes significatives imposées par l’Office québécois de la langue française: entre $3,000 et $30,000 chaque jour pour une première violation, en hausse d’entre $9,000 et $90,000 chaque jour pour une troisième violation. Dans une perspective économique, ces régulations s'opposent au principe du libre marché. Ils ont un effet dissuasif sur les entreprises internationales au Québec. Si ces entreprises veulent continuer de faire du commerce au Québec, elles doivent maintenant désigner les produits, les avertissements, et la signalisation spécifiquement pour les consommateurs québécois. Cependant, cela est l’intention du gouvernement québécois: seulement des entités qui priorisent la langue française méritent d’exister en province.
Quoique ce soit un succès formidable pour les francophones, cette tendance avait érodé les droits linguistiques des anglophones au Québec. Les mesures strictes de francisation sont insoutenables, et contestablement inconstitutionnelles, si le Québec veut rester civilement dans la fédération du Canada. Pendant l'ère de la globalisation, la francisation du Québec est un cas extraordinaire.